Billet d’humeur – Anxiété et toujours pas de mode d’emploi.

" Comme un animal, c'est un ami fidèle

Au moindre signal, elle se dresse rebelle

Rien ne la raisonne, elle est libre et sauvage

Rien ne l'emprisonne elle surgit à tout âge

La peur ....." 

Une amie dont j'aurai bien pu me passer, je l'avoue! Malheureusement la fin de ma dépression a été synonyme d'une entrée fracassante dans des problèmes d'anxiété.

Troubles de l'anxiété : un autre combat

Les troubles de l'anxiété sont bien nombreux : anxiété généralisée, anxiété sociale, les TOC, les phobies.. bref un large panel de soucis. Tout comme la dépression, ces troubles sont des maladies mentales et nécessitent de l'aide pour s'en sortir.

Chaque individu vit son trouble de façon particulière. Il est alors assez rare de rencontrer deux personnes dont l'anxiété s'exprime de la même manière. Pour ma part mon anxiété se traduit par une peur incontrôlée face à certains types de situations qui sont très souvent anodines. J'ai peur de sortir de mon lit, qu'une personne que je ne connais pas se mette à me parler, d'avoir faim, d'avoir froid, de manquer d'argent, d'être abandonnée ou encore peur de ne jamais plus pouvoir me reposer. Beaucoup de gens peuvent partager les mêmes peurs que les miennes. La différence fondamentale vient de l'intensité du sentiment. Il semblerait donc que mon cerveau ne connaisse plus que le mode peur panique qui s'active en général quand la situation peut s'avérer fatale.

Alors mon plus grand défi depuis mon retour du Japon a été de réussir à vivre en ayant peur de quasiment tout. En France j'avais très peur de sortir de chez moi. J'avais peur de travailler dans une agence avec des collègues. J'avais aussi peur de rencontrer du monde. Cela explique le fait que j'ai choisi de travailler en Free-lance de chez moi!

A l'étranger, comment ça se passe?

Ici, à Auckland j'arrive à sortir sans avoir peur, j'arrive à travailler avec mes collègues à l'agence! Mais cela m'épuise. Si souvent j'ai l'impression de ne pas être à la hauteur, je me dis que je vis dans un environnement anglophone, avec des nouvelles façons de travailler, un climat différent et que je fais de mon mieux. Mon mieux n'est surement pas parfait mais quand je suis à l'étranger j'arrive à être plus indulgente avec moi-même.


J'ai réalisé qu'à l'étranger c'est l'anxiété sociale qui est la plus forte. J'ai vraiment beaucoup de mal à sociabiliser et à rentrer en contact avec les gens. Je me suis donc mise à utiliser l'application Meetup qui permet de rencontrer des gens en fonction de différents points d’intérêts. J'ai donc participé à des rencontres autour du Japon où il est possible de parler Japonais, à une chorale. Je vais aussi parfois à des soirées discussions pour "jeunes" en Français ou en Anglais. Les débuts n'étaient pas évidents, j'avais l'impression d'être au milieu d'un banc de requins. Pourtant j'ai pu faire de jolies rencontres et commencer à avoir quelques copains/copines avec qui sortir.

Malgré tout ça je vis encore des grands moments de détresse pendant lesquels je suis incapable de communiquer avec mon entourage. La seule chose que j'arrive à faire dans ces moments-là c'est travailler. Je m'excuse auprès de tous ces gens qui s'inquiètent quand je ne donne plus de nouvelles. Je les remercie aussi de ne pas se mettre en colère parce que c'est leur réaction pleine de compassion qui m'aide à revenir progressivement dans le monde extérieur. Alors ces moments arriveront encore. Mais j'ai moins peur parce que je sens que les personnes qui m'entourent en France et ici, sans avoir à me comprendre, m'acceptent pour ce que je suis.

Quoi faire pour aider ?

Pas grand-chose! J'ai l'intime conviction que plus les gens seront informés de l'existence de ses maladies et de ce qu'elles impliquent plus il sera facile pour les malades de s'accepter. Ça ne réglera pas nos soucis mais ça apaisera cette culpabilité qui parfois est très lourde à porter.

Le 10 octobre c'est la journée mondiale de la santé mentale qui met l'accent sur le lien entre santé mentale et lieu de travail ! Alors pas besoin de s'engager dans une association ou de donner des pièces mais juste prendre le temps d'y penser et d'enfin considérer ces troubles comme ce qu'ils sont : des maladies !

Merci d'avoir pris le temps de me lire.